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La traición en la historia de España
Akal
Auteur(s) : Bruno Padín Portela
Éditeur : Akal
Date de publication : 2019
Reliure : Broché
Pages : 687
Langue : es
Toutes les histoires, qu’il s’agisse de villes, de royaumes ou de nations, sont des récits linéaires dans lesquels leur protagoniste évolue dans un temps continu allant des origines jusqu’au présent. L’histoire se construit à partir de données, faits et personnages réels, mais les historiens sélectionnent certains faits et en écartent d’autres, ou leur accordent peu d’importance. C’est à partir de ce processus de sélection que s’écrivent les récits des histoires de l’Espagne, du Moyen Âge à nos jours, leur donnant un certain sens politique et moral. Dans les histoires de l’Espagne, un thème omniprésent se dégage : la trahison et les traîtres. Dès l’Antiquité classique, nous avons les cas de Viriate ou Numance ; dans l’histoire médiévale, le thème de la perte de l’Espagne et la trahison du comte don Julián, ainsi que les grands poèmes épiques de la trahison comme le Cantar del Mío Cid ; et aux périodes moderne et contemporaine, de nombreux exemples de traîtres, individuels ou collectifs, qui rompent leur pacte ou serment de fidélité au roi et, dans bien des cas, cherchent à le déloger du trône, qu’il s’agisse du prince Carlos, d’Antonio Pérez ou de mouvements sociaux comme les comuneros et les révoltes successives qui ont eu lieu en Catalogne. À côté de ces traîtres politiquement actifs, il existe aussi des groupes cachés, supposés toujours tapis dans l’ombre, qui incarnent la figure de l’ennemi intérieur. Les protagonistes fondamentaux seront les juifs, ensuite convertis en marranes, les morisques et, à l’époque contemporaine, les francs-maçons et leur société secrète, les libéraux et afrancesados ainsi que les communistes éternellement conspirateurs. Ces deux modèles, le traître politiquement actif et l’ennemi caché, passeront de l’historiographie espagnole aux trois historiographies nationalistes : la galicienne, avec son affrontement entre le celte et le romain ou l’espagnol ; la basque, avec sa revendication de la pureté du sang ; et l’historiographie catalane, avec son contraste entre Catalans et Espagnols. Tous ces thèmes peuvent être observés tout au long de ce livre, dans lequel la trahison et le traître apparaissent comme une sorte de malédiction dans l’histoire de l’Espagne.